Actualités


  • /medias/COUVERTUREFINALE02.png pour le site.png

    SORTIE DU PREMIER ROMAN DE CORNELIE AVEC UN EXTRAIT DU CHAPITRE UN

    Nouveauté

    1er Roman de Cornélie

    "Là où tout est possible"

    Disponible à partir du 21 mai 2015

    Ce nouveau livre de Cornélie Doerfler est un roman initiatique inspiré par l'enseignement de Yélaïa, où elle raconte les péripéties d'une jeune femme, Eglantine, qui entre en contact avec sa grand-mère décédée, qui va l'initier aux secrets de l'autre monde....

    Voici pour vous, en EXCLUSIVITE, un extrait du chapitre 1:

    Eglantine  monte précipitamment  les escaliers,  enjambant les marches deux par deux. Son cœur bat la chamade. Le souffle court, elle entend comme un rythme de tamtam africain qui lui répète :

    « Cours vers ton destin, dépêche-toi mon enfant … »

    Une force irrésistible la pousse à aller de plus en plus vite, tel un désir retenu qui peut enfin éclater, là où le temps doit s’accélérer pour rattraper les minutes perdues.

    Enfin elle se trouve devant la porte tant convoitée mais hésite encore quelques instants avant d’en franchir le seuil. Le sol est recouvert d’une poussière qui vient chatouiller ses narines. Ce grenier éveille son esprit, cet endroit lui rappelle l’espace de ses rêves enfouis, l’abri de ses espoirs d’enfance. Elle respire fortement, le bruit de son souffle la rassure, il n’est pas question de se laisser envahir par une peur quelconque.

    « Non pas maintenant ! » se dit-elle.

    « Tu arrives au but… » lui susurre une voix. 

    Y aurait-il des fantômes dans cette vieille maison ?

    Il est vrai que cette ancienne bâtisse de style victorien -une sorte de manoir- doit se sentir délaissée, car voici bien dix longues années qu’elle attend une improbable visite. Tout est figé.

    Églantine a l’impression de jouer le rôle du prince charmant qui viendrait réveiller sa belle au grenier dormant. Elle sent revenir une joie dans les pierres de cet espace endormi, à vrai dire pas tout à fait une joie, mais plutôt un espace de souffle de vie. Comme un être que l’on réanime en pressant ses lèvres contre les siennes pour permettre à la première respiration d’entrer dans son corps. Églantine réveille doucement l’âme de cette demeure. Cette sublime maison accueillait en ses temps de gloire des goûters légendaires, des bals costumés, des parties de cache-cache, mais aussi et surtout des récits fabuleux, contés le soir, tandis qu’elle se nichait au creux des bras de sa grand-mère, assise au coin d’un feu, qui lui aussi  crépitait d’impatience. Ces histoires fantastiques entremêlaient contes et rêves avoués, sortis tout droit de l’esprit éclairé de sa chère Mamita. Cette femme si somptueuse et si humble, grande créatrice de songes merveilleux...

     

    A présent, elle revient à elle. Ce cadeau tombé du ciel l’attend là, derrière cette porte : la révélation.

    Églantine n’est plus envahie de cette grande impatience qui lui gâchait ces derniers mois. Elle a tout de même envie d’attendre un peu, avant de franchir cette porte bancale. L’odeur de bois usé se mêle à celle des papiers-peints moisis, mais cela ne la rebute pas. Au contraire, elle reconnait cet endroit comme étant le sien, car tant de fois recomptées les fleurs du papier-peint, tant de fois réorganisés les petits losanges bleus et verts, redessinés à sa façon lorsqu’elle était cachée dans cet antre de joie et de paix.

    Elle reconnait les traces de son enfance insouciante sur les murs de ce grenier, elle va même jusqu’à entendre ses propres éclats de rire traverser les couloirs. Oui, tous ces souvenirs lui prennent la main et la forcent à ouvrir la porte qui lui est enfin accordée.

    C’est un grincement mélodieux qui accueille ses espoirs.

    Elle entre. Il est là. En face d’elle. Recouvert d’un linge immaculé.

    Elle reconnait cette odeur. Un mélange de camphre et de poussière lui pique le nez. Elle a hâte de découvrir cet héritage prestigieux. Tant désiré, tant caché… depuis maintenant quarante longues années. Elle regarde autour d’elle, comme un voleur qui aurait peur d’être surpris dans son effraction, continue tout de même de s’approcher de son trésor voilé. Elle ne voit que lui. Les objets qui lui tiennent compagnie retiennent tous leur souffle : la chaise à bascule immobile, la poupée de porcelaine figée là, les malles de voyage fermées d’un loquet en fer forgé rouillé. Les meubles attendent une seconde vie, la commode surmontée d’un plateau de marbre est restée intacte, quelques chaises en osier ont été recouvertes d’une tenture rouge bordeaux et le sofa de même couleur, de style empire, trône au milieu des vieux bouquets de mélisse accrochés au fil de linge tendu entre deux poutres. Cette tisane ne sent plus guère que la poussière. Une lueur diffuse pénètre au travers de petits chiens-assis. Elle voit tourbillonner des grains de poussière autour d’un faisceau de lumière blanche.

     

    A présent, Églantine s’approche de son rêve incarné. Il est posé au milieu de la pièce, derrière la plus grosse poutrelle. Elle commence par le toucher, doucement, sa main tremble, ses yeux appellent les larmes de la reconnaissance et décident de la faire attendre encore un peu. Une petite buée lui voile l’espace quelques secondes. Églantine accepte ce moment de premier échange d’amour. Elle est tellement émue. Imaginez tout de même… pour elle, vingt années de patience lui furent demandées ! Alors, quelques larmes de bonheur, c’est un minimum syndical !

    Sa main se calme enfin, fait glisser doucement le voile de tissus recouvrant le trésor caché. Elle ne sait pas très bien ce qui l’attend. Elle essaie de deviner. Le voilà en face d’elle. Maintenant...............................